posté le lundi 23 mars 2015

Bons baisers de l'Hiver

 

 

© Let It Snow

 
 
La neige fond doucement, les manteaux tombent et les écureuils sortent leurs museaux. Si j'aime l'Hiver des cartes postales, j'ai découvert celui du quotidien, qui peut tour à tour s'avérer froid puis chaleureux, infernal puis magique : tous ces souvenirs, c'était mon Hiver à Montréal. 

 
L'Hiver de Montréal, c'est avant tout quatre à cinq mois de neige, où le thermomètre reste en-dessous de zéro. C'est une bouffée glaciale qui pince les poumons le matin. Ce sont les narines et les cils qui se collent, et la buée sur les lunettes. Ce sont 10 minutes de plus pour se préparer, le temps de s'occuper des lacets. Ce sont des escaliers gelés, un peu raides à la descente. C'est la galère pour se stationner, et le klaxon des dépanneuses quant le chasse-neige ne peut pas passer. 
 
Montréal en Hiver, ce sont ensuite des nez qui coulent, des traces de sloche sur le parquet et les petits gravillons noirs du déneigement que l'on emporte partout sous nos pieds. C'est le rhume que l'on attrape, quand on essaie de rester élégant. Et qui nous collera aux bronches plus ou moins toute la saison.  
 
Mais l'Hiver à Montréal, c'est aussi le son des pas qui crissent dans la neige fraîche quand on rentre de soirée. L'envie irrésistible de se jeter sur le côté pour dessiner un ange sur le sol. C'est la chaleur des souterrains du métro et l'odeur de cacahuète grillée des freins sur les quais. Les expéditions tardives pour chercher une poutine brûlante. Les heures réconfortantes avec une bière et des amis. C'est le blanc de la neige qui efface le gris du béton, et fait scintiller la ville sous les rayons du soleil.
 
Montréal l'Hiver, c'est le sourire quand la porte s'ouvre enfin et qu'une tarte au sucre nous attend. C'est la douche brûlante qu'on s'accorde après avoir travaillé. Le lac gelé du parc où nous glissons et tournons sans vouloir nous arrêter. C'est à jamais cette poudreuse qui nous enveloppe comme un manteau et recouvre nos secrets.  
 
Cet Hiver à Montréal, un petit flocon s'est logé dans mon oeil, comme dans un conte d'Andersen. Une minuscule poussière blanche qui, au lieu de transformer mon coeur en glace, m'a fait voir le monde autrement : l'univers renversé d'une boule à neige, animé d'une valse plus douce, plus lente.
 
Dans ce nuage de flocons qui nous emporte et sous la morsure du vent, on se sent inexplicablement plus vivant. 
 
 
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Commentaires

 

1. sofito  le 23-03-2015 à 19:03:28

C'est joli, poétique, tout doux comme un plaid que l'on ne peut quitter <3

2. Simone  le 23-03-2015 à 19:28:06

C'est si joliment dit !

3. Mathilde Mercier  le 19-04-2015 à 01:36:09  (site)

J'ai beaucoup aimé ton texte (mais un peu moi cet hiver! Ah ah!)

J'attends ton texte sur le printemps Sourire

 
 
 
 

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